Communication
Texte de la charte : (6)"L' organisation coopérative des apprentissages prend appui sur …la communication et la réalisation collective des projets…
I / lexique de psychopédagogie de R. Lafon ( PUF ) :
[doc. de travail :
voir ce qu'il faut en retenir pour éclairer l'utilisation du mot dans la charte, mais aussi pour partir de la représentation courante que le mot induit.]
· Sens le plus courant : action par laquelle un sujet humain se sert de la langue orale ou écrite pour transmettre à un autre homme ou à d'autres hommes une certaine connaissance vraie qu'il a acquise lui-même. Dans ce sens le mot désigne donc une forme particulièrement intellectualisée du langage humain.
· Le mot est parfois pris dans un autre sens : il peut désigner soit la façon d'être de deux consciences qui ont le sentiment d'être actuellement ouvertes l'une à l'autre (par exemple, parce qu'elles admirent la même œuvre ou parce qu'elles pensent de la même façon sur un objet ou une question donnée), soit la façon d'être de deux consciences qui, du fait qu'un accord presque continu leur semble se manifester entre leurs manières de sentir et de penser, se conçoivent comme s'ouvrant avec facilité et presque constamment l'une à l'autre.
M. NAVRATIL.
3. Techniques de communication.
(V. Audiovisuel.)
4. LINGUISTIQUE. ‑ Echange d'informations dont les principales formes sont dessinées ou parlées grâce à l'utilisation d'un code. La communication va d'un émetteur à un récepteur d'une façon directe, dans le dialogue par exemple, ou indirecte par personnes, par moyens ou machines interposés.
Les canaux de la communication sont essentiellement auditifs et visuels (audiovisuels), exceptionnellement tactiles par exemple en cas de handicaps graves associés : sourd‑ muet‑ aveugle.
La communication parlée directe implique au moins deux interlocuteurs : un émetteur : locuteur, un récepteur : auditeur, avec inversion possible des rôles pour permettre l'échange d'informations ; locuteur devenant auditeur, l'auditeur, locuteur, au cours d'une conversation ; mais, en réalité, quand il parle, le locuteur devient aussi son propre auditeur et l'auditeur un locuteur virtuel, qui n'a pas encore extériorisé sa réponse ; il existe, associé à l'instantanéité, à la fois une rétroaction (feed‑back) et une ante‑ action de contrôle et de prémonition des moyens neuro‑psycho- physiologiques de la pensée et du codage. Le monologue ou la soliloquie devient un dialogue et inversement le dialogue risque de devenir un monologue par refus ou incapacité de réception (dialogue de sourd.).
La communication "claire", sans la moindre ambiguïté, est un cas limite; le plus souvent des phénomènes complexes viennent accompagner le processus.
Ainsi, le locuteur se fait une image de son auditeur, une image que l'auditeur se fait du locuteur au moment où il parle; cette image varie, au fur et à mesure de la communication. De même chaque interlocuteur filtre tour à tour selon son
En ce sens, il est clair que la communication n'a lieu que s'il y a intention de signification (que cette signification soit un message transparent, qu'elle soit chargée sur le plan affectif ou bien qu'elle ait une valeur symbolique). Cette volonté d'utiliser le langage pour établir une relation avec autrui est essentielle à la pratique normale (par la parole ou l'écriture) d'une langue.
On appelle souvent, de façon restrictive, communication l'émission et la réception d'un message interprétable de façon littérale, mais cette restriction est dangereuse ‑. la connotation, l'allusion, le sous‑entendu, la duperie font aussi partie du processus d'énonciation sans lequel il n'y a pas de communication véritable ” (Alpha Encyclopédie). (V. Langage.)
Robert LAFON.
Les obstacles d la communication sont nombreux, ils peuvent tenir aux influences extérieures : hyperprotection ou contraintes éducatives, isolements imposés (quarantaine, prison), engagement volontaire ou involontaire dans un système amenuisant ou aliénant la possibilité de communication ou à des états personnels d'ordre physique (atteinte des appareils de communication verbale ou écrite surdité, cécité, mutisme, paralysies ou autres troubles moteurs, absence ou défaut d'apprentissage des systèmes de communication : analphabétisme, aphasie, alexie, agraphie, dyslexie, dysgraphie, acalculie, dyscalculie), à des états psychiques (troubles du comportement, insuffisance Intellectuelle, désintérêt mental : mutisme, catatonie, apragmatisme, états dissociatifs, états délirants, etc...).
La difficulté de communication crée, pour certains handicapés, même s'il n'y a pas association d'un autre handicap, un surhandicap important, en particulier chez les sourds et sourds‑muets et les débiles mentaux et, peut-être à un degré moindre, les aveugles.
Cette difficulté peut être compensée par des moyens autres qua le langage parlé (Communication gestuelle chez les sourds) ou l'écriture alphabétique cursive visuelle (braille chez les aveugles) ou encore, par le recours à des moyens primitifs (Pictogrammes ou danses rythmées chez les débiles profonds par exemple).
R. L.
Communication gestuelle.
Méthode non orale de communication et d'enseignement des sourds et sourds muets, dans laquelle le langage mimique et gestuel et la dactylographie remplacent la parole.
Dans le langage mimique ou gestuel, les mots et les notions s'expriment par des signes, des mimes, des mouvements des mains, des gestes traduisant tantôt une idée, un mot, un concept ou un état d'âme, tantôt un ensemble plus complexe d'idées.
R. L.
Communication de masse.
Communication sociale.
Propagande, publicité et moyens de communication sociale : télévision, radiodiffusion, etc.
(V, Audiovisuel et Dialogue.)
Ensemble des moyens de diffusion large des informations ou messages par l'intermédiaire de la presse, du livre, du cinéma, de la radiodiffusion et de la télévision. Cette diffusion est en outre caractérisée par : absence de contacts directs entre émetteur et récepteur, très faible volume des réponses directes, rareté du feed‑back, très larges publics et diffusion rapide des messages. Lorsqu'il s'agit d'émetteurs collectifs on parle de communication de masse ou mass media, de l'américain "médium" moyen d'expression et mass : "Masse" qui ne doit pas être pris au sens habituel de foule , mais qui “ désigne une forme élémentaire de sociabilité ” définie par faiblesse de la participation et de la fusion des individualités. C'est le monde du "on " par opposition à l'univers du " nous ". propre à la communauté . (Alpha Encyclopédie).
R. LAFON.
2/ Lexique de l’Education de René Laborderie (Nathan Université ).
®R. Laborderie distingue
- la communication médiatisée,
- la communication interpersonnelle,
- l’information ( où l’objectif quasi unique de l’émetteur est la diffusion d’un message.
® Il souligne l’apport de la cybernétique qui introduit le concept
- de rétroaction
- de guidance
dans les actes de communication éducative et dans l’évaluation.
Selon l’auteur la cybernétique ne s’intéresse qu’ aux aspects mécaniques ou quantitatifs dans la circulation des messages .
® Il souligne donc ensuite, par rapport aux limites de la cybernétique l’apport de la sémiologie et de la linguistique. Par leur approche, on met en évidence la variabilité du sens d’un signe
- selon les représentations du récepteur de message,
- les écarts référentiels entre les partenaires de la communication. Et dans une pédagogie différenciée il s’agira donc de “négocier ces écarts ”.
On met aussi en évidence l’ accommodation informationnelle ( travaux de Zipf-1965- reformulés par A.A. Moles-1973) : plus la fréquence d’emploi d’un mot – même inhabituel jusqu’alors- est importante, plus vite il est compris, et plus la communication s’enrichit.
® Il conclut enfin que ces approches inspirées du constructivisme ( il n’y a pas de sens à priori ; la notion de “ sens commun ” est erronée ) doivent amener le pédagogue à réaliser que dans la classe hétérogène il y a un obstacle, pour la marche vers l’objectif d’égalité, à surmonter.
3 / La coopération dans les apprentissages réduit- elle les obstacles de la communication signalés par ces deux auteurs ?
- Aucun d’eux ne s’en est vraiment préoccupé .
- C’est donc à nous de prouver que dans l’échange, dans l’organisation tournante de la maîtrise ou de l’initiative de la communication ( entre élèves, entre apprenants et élèves) on peut réduire les écarts référentiels (souvent liés à des écarts culturels) . Donner de la valeur à l’écoute de l’autre en valorisant l’écoute de tous, sans hiérarchisation de capacités ou de cultures, n‘est-ce pas le premier pas pour permettre à chacun de prendre en compte des représentations différentes ou de les négocier ?
Tolérance, négociation, ne sont- elles pas des fondements de la coopération ?
La coopération passe par l’utilisation, non hiérarchisée, de la complémentarité des capacités , or, les deux auteurs ne s’intéressent pas vraiment aux modes de communication qui ne passent pas par le langage – sauf pour dire que c’est un palliatif pour les handicapés
N’avons nous pas à prouver que la multiplication des canaux de communication est un moyen de permettre l’accès au statut de citoyen ? Que ces canaux soient de l’ordre de l’expression théâtrale, picturale, musicale... qu’ils soient de l’ordre de la réalisation en général, où celui qui fait, communique quelque chose de lui…) Cette validation de l’accès à la citoyenneté trouve son cadre dans les pratiques où l’on apprend ensemble pour apprendre mieux, pour soi.
Des cellules de réflexion pédagogique attachées à l’éducation nationale, ont ouvert la porte depuis les années 70, à la communication multiforme, notamment dans la prise en comte du langage de l’image, ce sont l’ ICAV, l’ICOM, puis le CLEMI. Par ailleurs, dans la volonté affirmée par les instructions officielles de donner du sens aux apprentissages il y a implicitement l'invitation à lire, à écrire, pour communiquer, et pas seulement pour obtenir une note de 0 à 20.
La dimension coopérative, c'est la dimension sociale de l'apprentissage, ce que j'apprends m ' arrive par une chaîne de la connaissance qui fait que depuis l ' homo- faber, l'individu n'a pas besoin de toujours tout réinventer, et qu'il est lui même un maillon pour ses contemporains et pour ses descendants avec qui il est condamné à coopérer en communiquant selon des modes extraordinairement variés.