FINALITE(S)

1) Définitions

Caractère de ce qui tend à un but ; le fait de tendre à ce but, par l'adaptation de moyens à des fins. (Petit Robert)

Une finalité est une affirmation de principe à travers laquelle une société (ou un groupe social)  identifie et véhicule ses valeurs. Elle fournit des lignes directrices à un système éducatif et des manières de dire au discours sur l'éducation. (D.Hameline)

Représentations de l'homme, de la culture, et de l'éducation qui président au choix des contenus didactiques (objets d'apprentissage) et des modèles pédagogiques (méthodes d'apprentissage). (Ph.Meirieu)

2) Le point sur la question

2-1 Consensus ou non

Pour D.Hameline, dans une société où le consensus social est fort, les finalités pourront réfléchir une philosophie, un système de valeurs, une conception de l'existence unitaire.

Dans une société de type pluraliste ou conflictuelle, les finalités constitueront souvent une sorte de dénominateur commun (auberge espagnole ?). A l'abri de ce consentement factice, l'idéologie dominante trouvera son compte. Les lieux communs y abonderont, avec tous leurs aspects de fausse évidence.

2-2 Ce que révèlent les finalités

Les finalités révèlent les valeurs d'une société à un moment de son histoire. Même lorsqu'elles ne sont pas explicites (et elles le sont rarement) les finalités sont révélées par les pratiques mises en oeuvre dans telle classe par tel enseignant. Derrière la façon d'enseigner, il y a toujours une certaine conception de la société, de l'enfant, des apprentissages.

Les conceptions pédagogiques, souvent à l'insu des enseignants, sont toujours porteuses d'un projet éthique et politique.

2-3 Réfléchir sur les finalités

Pour D.Hameline, l'éducation n'est pas concevable sans la référence à des finalités. S'il est légitime de dénoncer l’inefficacité, et parfois l'hypocrisie sociale, des "grands principes", il est néanmoins nécessaire que les objectifs de l'action quotidienne puissent être référés à autre chose qu'à leur seule efficacité et qu'apprenants et formateurs puissent, de temps en temps, trouver une réponse même teintée d'incertitude et d'ambiguïté à la question fondamentale: "Au fond, tout ça, à quoi ça rime ? »

2-4 Finalités et textes officiels

Les finalités sont rarement explicites dans les textes officiels qui évoquent plutôt les objectifs et les missions de l'Ecole que de véritables finalités "philosophiques".

On trouve néanmoins une distinction très pertinente entre "finalités" et "objectifs" dans les programmes de français de 1996 pour la classe de 6ème (C.N.D.P.) :

2-5 Finalités et objectifs

a). L'enseignement du français au collège a pour finalités de permettre à chacun de former sa personnalité et de devenir un citoyen conscient, autonome et responsable.

Le collège est aujourd'hui le niveau de formation le plus élevé commun à tous les élèves. Au-delà du collège, les itinéraires se diversifient ; les élèves sont déjà des participants de la vie sociale ; ils doivent donc avoir acquis un ensemble de connaissances fondamentales communes pour structurer leur jugement, savoir s'exprimer et enrichir leur imaginaire.

b). Dans cette perspective, l'objectif du collège est de faire accéder l'élève à la maîtrise des formes fondamentales de discours.

Les enjeux correspondants sont :

-         le rendre capable de comprendre et de s'exprimer clairement, à l'oral et à l'écrit ;

-         lui fournir les éléments essentiels d'une culture commune.

3) Autres mots

objectif, savoir, compétence

4) Sources

Le Petit Robert

D.Hameline « Les objectifs pédagogiques »                                    (E.S.F.)

Philippe Meirieu « Apprendre oui mais comment »             (E.S.F.)

Programmes de 6ème                                                                (B.O.hors-série-C.N.D.P.)

5) Commentaires

            5-1. Pour la pédagogie coopérative, la question des finalités n’est pas une question mineure. Comme l’affirme la Charte de la Coopération (art. 1) « l’Ecole de la maternelle à l’université a pour finalités le développement de la personne et la formation du citoyen ». L’adhésion à cette affirmation doit conduire les enseignants à rechercher une certaine cohérence entre les finalités, les objectifs, les pratiques, les valeurs auxquelles on se réfère et à reconnaître aux élèves un statut de partenaires avec leurs droits et leurs devoirs.

            5-2. Ces finalités qui sont, d’une certaine façon, porteuses d’un projet éthique et politique peuvent devenir aussi une sorte de grille de lecture des pratiques pédagogiques. Avec quelques indicateurs pertinents, on se rendra compte que la plus banale des leçons de mathématiques ou d’orthographe peut ou non prendre en compte la dimension de la personne et du citoyen.

            5-3. Ces finalités doivent être connues, comprises, partagées par les élèves. Elles doivent également devenir, pour eux, une grille de lecture des relations avec les autres et du monde dans lequel ils vivent (du quartier à la planète).

            5-4. Dans une classe, dans une école coopérative, et grâce aux Conseils de coopérative, les élèves trouveront des espaces démocratiques qui leur permettront de vivre et d’apprendre la citoyenneté.